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Il y a presque dix ans est née l’idée de créer un site d’écriture poétique et philosophique entièrement gratuit et indépendant de toute autre logique éditoriale que celle de l’envie de partager, de confier au fleuve (comme dit si joliment Eugenio Barba à propos des héritages) pensées, mots, images, nervures.

Il est maintenant étoffé et continue de s’étoffer (s’étoffer, le mot est-il juste ? s’épaissir, se construire ? croitre, peut-être embellir ? en tous cas grandir, pousser en moi et hors de moi) au fil des jours, des mois, des années et peut-être bientôt des décennies. Ce travail qui se couche sur le papier du reste un peu inquiétant de l’écran, c’est ma vie, le centre, le foyer et la raison d’être de ma vie.

Ici, donc des textes poétiques qui racontent un chemin et des textes philosophiques qui explicitent des pensées très anciennes et qui étaient là depuis le début, s’incarnant petit à petit dans phrases et paragraphes.

Depuis l’art jusqu’à la féminité en passant par la foi, la politique, l’éthique et les questions d’organisation d’une société se déroulent quelques lignes de conduite qui se confortent à l’épreuve de la page. Depuis l’amour jusqu’au plaisir en passant par la nature, les spiritualités, les œuvres humaines, s’extirpent de moi des désirs enfouis dont l’apparition à chaque fois m’étonne.

Ci-dessous vous trouvez une présentation de l’auteure et quelques éléments pour guider dans la lecture.

En cliquant sur les pages « Textes poétiques » et « Textes philosophiques », vous avez accès au déroulé chronologique des différents textes au fil du temps et à une ligne qui explicite le projet pour chacun.

Enfin, un mot de l’esthétique de la chose. Le titre : l’ouverture du cœur m’est capitale, elle est à entendre à la fois au sens de la sentimentalité (et donc du goût d’aimer), de la charité (et donc d’une attention portée à autrui qui ne se veut pour autant pas complaisante) et de la curiosité (et donc d’une l’amplitude aussi sérieuse qu’étonnée dans l’information) ; quant au pluriel, il répond d’une part à une conviction (cultiver la variété) et d’autre part à une expérience (qui se caractérise par une certaine richesse). L’image, elle, se veut aride et rigoureuse : unicolore – une couleur à mi-chemin exact entre le rouge passion, le rouge terre de sienne et le rouge théâtre, elle cherche l’aurea mediocritas entre le vif et le terne – simple, elle voile les indicibles et inénarrables secrets qui se déploient au fil et dans le tissu de l’écriture.

L’auteure

Plusieurs expériences nourrissent ce travail d’écriture : des études au long cours (en Philosophie, en Etudes théâtrales, en Etudes italiennes), la fréquentation assidue en tant que comédienne et en tant que spectatrice des théâtres (j’ai ainsi été  ouvreuse à la Comédie-Française pendant huit ans, ai participé, notamment, au spectacle avant-gardiste « Embouteillage » sous la Grande Halle de la Villette en décembre 2002), la lecture des poètes (Francis Ponge, Alda Merini, Jacques Darras, Maria Zambrano, Dante, Lydie Dattas, Philippe Jaccottet, Christian Bobin…) ou des philosophes (Catherine Malabou, Emanuele Coccia, Vinciane Després, Raphaël Enthoven, Delphine Horvilleur, Anne Dufourmentelle…), des voyages (Venise et l’Italie tout particulièrement mais aussi la Chine), des rencontres fortes (amoureuses, amicales, professionnelles).

Les textes poétiques

La préoccupation majeure des textes poétiques (en vers, en prose) est de trouver une élégance du langage, une intensité de la sensation, une justesse du sentiment qui me sont toutes trois vitales mais auxquelles s’adjoint la nécessité de chanter le créé (ou l’existant) de la nature (des plus effrayantes étoiles aux plus insignifiants papillons), l’amour (dans tous ses moments, de la passion au célibat en passant par la rupture, la solitude, le dépassement), les œuvres humaines (maison, bijoux, bottes de foin…), les joies spirituelles et les plaisirs de la vie (simples et raffinés).

Les textes philosophiques

Les six textes philosophiques s’interrogent sur six grandes questions qui me tiennent à cœur, sans l’élucidation desquelles il n’était plus possible d’avancer : la question épineuse de Dieu (résolue en un agnosticisme au sens moderne du « les deux » et non pas au sens classique du « ni l’un ni l’autre »), la question pour moi centrale du théâtre – et à travers elle celle de l’art – (ici déclinée depuis sa racine originelle jusqu’à ses développements et ses prolongements les plus contemporains), la question de la féminité (clarifiée en une posture d’équilibriste entre exigence radicale et ouverture totale face à l’autre), la question de la politique (au sein de laquelle je trouve de la légèreté autour des idées de rythmes de vie et de variétés spatiales), la question éthique de la vie bonne (où il est question de soin de soi, de joie, de plaisir et de bonheur) et enfin la question du travail, de l’économie et des droits sociaux (abordée ici aussi bien du point de vue de grands principes que de petits exemples et trouvant comme ultime horizon le triomphe d’une raison douce).